Qui vois-tu devant toi ?
'Des antennes développées comme super-pouvoir dans le coaching sportif de haut niveau'
Dans le monde du sport de haut niveau, tout tourne autour de la victoire.
Autour des statistiques, de la technique, de la supériorité physique, de la force mentale.
Prenons l’exemple du tennis.
Je suis convaincu que les plus grandes différences – surtout au plus haut niveau – se font sur le plan mental.
En tant qu’entraîneur, on peut insister à l’infini sur les aspects techniques et ainsi travailler la partie « 'mécanique'. Mais il y a aussi quelqu’un derrière la machine.
Dans quelle mesure, en tant qu’entraîneur, est-on capable de vraiment voir l’autre? De le ressentir? De s’adapter à ce qui est demandé à ce moment-là?
Ces compétences sont incarnées par Patrick Mouratoglou.
Cet entraîneur franco-grec a fondé une académie qui, depuis plus de dix ans, forme systématiquement des joueurs de très haut niveau. Lors de certains tournois du Grand Chelem, près d’un quart des participants étaient issus de son académie. C’est sans précédent dans un sport où ce sont généralement les fédérations nationales qui offrent les meilleures installations et les budgets les plus importants.
Pourquoi connaît-il un tel succès?
Les débuts : un garçon sans voix
Enfant, Mouratoglou était extrêmement complexé. Il ne se sentait ni intéressant, ni utile. Il ne parlait pratiquement pas. À l’école, il était victime de harcèlement et isolé. Il n’avait sa place nulle part. Pendant un an, il a consulté chaque semaine un psychanalyste sans dire un mot (!).
En raison de son blocage verbal, Patrick s’est mis à observer les autres.
Il a développé une hypersensibilité à l’ambiance, aux attitudes, aux micro-expressions. Par nécessité. C’était sa façon de tenir bon dans un monde qui lui semblait dangereux. Ce mécanisme – autrefois une stratégie de survie – est devenu plus tard sa plus grande qualité.
Le traumatisme comme école de vie
De nombreuses personnes qui ont réussi semblent partager ce schéma. Ce qui a fait mal dans l’enfance oblige à développer une compétence (exceptionnelle). Certains enfants deviennent autonomes, d’autres perfectionnistes, d’autres encore extrêmement empathiques. Chez Mouratoglou, cela s’est traduit par une attention particulière aux subtilités de l’autre. Il sait discerner sans se tromper, à partir du regard d’un joueur, si une consigne est bien reçue ou si elle produit l’effet inverse. Il sent quand la pression motive et quand elle paralyse.
Coach contre entraîneur
Dans ses entretiens, on l’entend souvent faire cette distinction. Un entraîneur améliore la technique. Un coach accompagne la personne qui doit mettre en œuvre cette technique. Et les êtres humains ne sont pas des machines. Ils dorment mal, traînent des conflits, doutent d’eux-mêmes. Ils ressentent la peur de l’échec. Ou, au contraire, la pression de devoir gagner. Celui qui ne voit pas cela donne des conseils parfaits au mauvais moment. Et un conseil parfait au mauvais moment ne sert à rien.
Hoe goed beheerst men dit in moderne coaching?
In de praktijk zie je met de toevoeging van data-analyse een tendens die gericht is op het meetbaar maken van uitkomstwaarden. Afstemming op de mens daarentegen is subtiel en laat zich moeilijk vangen in modellen. Veel coaches beschikken over technieken, frameworks en interventies. Dat geeft houvast. Maar geen enkel model vertelt je wat er un moment donné. Il ne voit pas le doute qui se cache derrière la bravade. Il ne sent pas quand quelqu’un est au bord de la rupture. Cela exige de la présence.
Mensen bewegen niet volgens een ideaalbeeld. Ze bewegen volgens hun geschiedenis en hun draagkracht in het moment. Wie dat niet kan lezen, gaat duwen waar veiligheid nodig is – of afremmen waar iemand klaar is om te gaan.
L’écoute exige un effort de la part du coach
Une véritable écoute signifie également que l’on est prêt à abandonner son plan. Il faut sans cesse se remettre en question et faire preuve d’empathie. Ce que l’on a prévu est-il vraiment utile à l’autre à ce moment-là ? En faire moins est parfois – voire souvent – préférable. Au plus haut niveau, ce ne sont pas les informations supplémentaires qui font la différence, mais le mot juste au bon moment. Et on ne perçoit ce moment que si l’on observe réellement et que l’on comprend quand il faut justement ne rien faire.
L’état intérieur de l’entraîneur
Het is opmerkelijk te zien hoe voetbalcoaches zich regelmatig als totale krankzinnigen langs de zijlijn gedragen. Als je zelf volledig wordt meegesleept door emotie, hoe helder kun je dan nog waarnemen wat een speler op dat moment nodig heeft? Laat staan deze of gene voorzien van zinvolle informatie.
C’est précisément là que Patrick Mouratoglou se distingue. Il n’a pas développé sa plus grande qualité malgré son enfance, mais justement grâce à elle. Son manque d’assurance l’a contraint à observer. Il a appris à regarder avant de parler. À ressentir avant d’intervenir.
Ce qui était autrefois une stratégie de survie s’est transformé en un savoir-faire exceptionnel.
La question n’est donc pas seulement:
'Qui vois-tu devant toi?'
Mais aussi :
'Quelle souffrance a façonné ta plus grande qualité'
