La portée d’une technique
À propos de la programmation neurolinguistique (PNL)
À l'âge de vingt ans, j'ai été pris – apparemment sans crier gare – d'une crise de panique.
Je venais d'emménager dans une chambre chez un propriétaire, dans une ville qui m'était inconnue.
Je venais d’entamer ma troisième année d’études.
Mon système s’est complètement déréglé. Je me suis retrouvé en mode survie.
À ce moment-là, je me suis posé la question suivante:
“'Comment puis-je continuer à fonctionner dans ces circonstances?'“
Les crises de panique pouvaient survenir de manière inattendue et me prendre par surprise. Au cours des semaines précédentes, j’avais déjà remarqué que les situations sociales commençaient à me mettre de plus en plus mal à l’aise. L’angoisse semblait y trouver son chemin. Des images surgissaient, des souvenirs qui se déroulaient presque automatiquement sur mon écran intérieur. Je pouvais me remémorer des situations comme dans un album photo : nettes, sombres, lourdes de sens. Mon rythme cardiaque s’accélérait avant même que je comprenne rationnellement ce qui se passait.
À un certain moment, j’ai commencé à travailler avec ces images. Non pas en les refoulant, mais au contraire en les évoquant plus consciemment. J’ai rendu l’image plus claire, plus vivante, plus spatiale. Je voyais qui était présent, où je me tenais, à quoi ressemblait l’environnement. Et quelque part au cours de ce processus, quelque chose a basculé. Plus tard, lorsqu’une crise de panique s’annonçait à nouveau et que les signaux d’alarme familiers se déclenchaient, la panique ne s’installait plus. Mon rythme cardiaque s’accélérait, mais redescendait en dix à vingt secondes. Comme si mon système effectuait une réinitialisation.
Sans m’en rendre compte à l’époque, j’avais corrigé une réaction de peur irrationnelle grâce à une technique issue de la programmation neurolinguistique (PNL). Ça a marché. Et oui, c’était un peu une solution miracle. À cette période de ma vie, cela m’a permis de terminer ma mineure. Je pense qu’il y avait peu de chances que j’y parvienne sans cette intervention.
En même temps, une chose était claire : ce n’était pas une fin en soi. C’était un premier changement. Sous la panique se cachait quelque chose de plus grand, qui ne pouvait pas être « réparé » avec une seule technique. J’avais besoin d’aide pour renouer avec ma capacité à supporter les épreuves. Ce n’est que plus tard qu’il m’est apparu clairement que ce moment ne marquait pas la résolution d’un problème, mais le début d’un long cheminement vers la prise de conscience.
Nouvelle découverte
Peu à peu, j’ai découvert que ce que je faisais alors intuitivement avait des points communs avec des techniques de PNL existantes.
Les situations qui déclenchaient alors la peur me semblaient absolument réelles. Mon corps réagissait comme si le danger se présentait réellement à ce moment-là. En travaillant consciemment sur cette représentation intérieure, ce n’est pas l’événement lui-même qui a changé, mais la manière dont mon système y réagissait.
Ce fut pour moi une découverte importante.
Ce que j’ai commencé à comprendre plus tard
Avec le recul, je me rends compte que cette expérience a déclenché quelque chose qui allait bien au-delà de la simple réduction des symptômes de panique. Une curiosité s’est éveillée autour de la question:
'Que se passe-t-il réellement en moi?'
Poussé par la douleur et la motivation de m’en débarrasser, j’ai alors été pour ainsi dire 'contraint' de m’engager sur le chemin de l’introspection.
La portée d’une technique
Avec le recul, je suis reconnaissant de ce que cette approche m’a apporté à l’époque. Elle m’a donné une première expérience d’influence sur des processus qui, auparavant, semblaient se dérouler de manière entièrement automatique. Elle m’a montré que le vécu n’est pas toujours aussi figé qu’il peut le paraître.
En même temps, il est devenu clair que sous la panique se cachaient des couches qui ne pouvaient être modifiées par une seule technique ou prise de conscience.
Lorsque les expériences sont profondément ancrées dans le corps – comme c’est le cas pour les dynamiques de la petite enfance, les traumatismes ou les problèmes d’attachement –, la restructuration cognitive seule ne suffit pas. Le changement nécessite alors un ralentissement, une incarnation et une intégration.
Bien que la PNL recèle bien plus que ce que j’ai décrit jusqu’à présent, je pense que c’est là que se situe la limite de ce type de méthodologies. Certains schémas peuvent être modifiés relativement rapidement. D’autres, en revanche, nécessitent un processus beaucoup plus profond de rencontre, d’assimilation et d’intégration. Cela prend du temps et ne peut être forcé. C’est ce qui s’est passé pour moi. J’ai longtemps pensé que j’allais mieux, car j’avais réussi à calmer la panique. En même temps, je sentais qu’il restait encore du travail à faire en profondeur. Environ un an plus tard, la panique est revenue. Cette fois-ci, les techniques utilisées auparavant n’ont pas aidé.
Un tournant décisif
Bien que la période décrite ait été très intense et bouleversante pour moi, la vie m’a clairement posé un défi qui a servi de tournant décisif.
Non pas parce que la source à l’origine de mes symptômes d’anxiété et de panique avait été résolue.
Mais parce qu’une porte s’est ouverte.
Une porte vers l’introspection.
Et un long parcours de découverte qui m’a révélé que derrière les symptômes peuvent se cacher de nombreuses couches plus profondes.
Des couches qui ne peuvent pas être comprises uniquement par la raison.
Mais qui peuvent être ressenties.
Et qui peuvent être acceptées avec un accompagnement adapté.
C’est là que réside le potentiel de guérison.
